Un peu d’histoire

La présence de l’homme dès la préhistoire est attestée par la découverte fréquente de silex taillés dans les rangs de vignes de Bel-Air. Les premières plantations datent de l’époque galo-romaine: Varatedo, qui deviendra Vayres, est alors un gîte d’étape au franchissement de la Dordogne, sur la voie romaine Burdigala – Lugdunum (Bordeaux – Lyon).

Le nom de Bel-Air, Belleyres au XVIème siècle, pourrait provenir de sa situation topographique (eyre = limite), à moins d’un kilomètre du franchissement de la Dordogne.

C’est sur ce site que les seigneurs du Château de Vayres, de la famille d’ALBRET, bâtissent un rendez-vous de chasse. Vers 1580, le futur roi HENRI IV séjourna plusieurs fois au Château de Vayres, et on aime à penser qu’il participa à de belles parties de chasses dans les bois de Bel-Air…

La devise de la maison, sur la cheminée de la salle à manger rappelle ces moments de l’Histoire.

Le Château

Maison noble de la seigneurie de Vayres depuis la fin du XVème siècle, le Château Bel-Air fût la propriété successivement de plusieurs familles qui donnèrent de nombreux parlementaires et notables bordelais (Bertrand, Jean, Gautier et Charles DE MERIGNAC, Arnaud et Louis DE LAROCHE, Jacques et Joseph LACAZE); parmi eux, le député girondin Jacques LACAZE défendit une vision décentralisée de l’exercice du pouvoir qui finit par triompher deux siècles plus tard, avant de mourir guillotiné en 1793.

La famille

En 1913, Jean-Raoul PAUL, fils d’un artisan tonnelier de Vayres, ingénieur polytechnicien, fit l’acquisition du Château Bel-Air. Directeur général des Chemins de Fer du Midi, pionnier de l’électrification des chemins de fer français (notamment avec l’invention des “arceaux PAUL” visibles sur le menu de mariage de son fils Jacques avec Marguerite EIFFEL; voir ci-après) et développeur du tourisme de montagne dans les Pyrénées, il obtient, en 1931, avec ses amis de Vayres, la reconnaissance de l’Apellation d’Origine Contrôlée Graves de Vayres.

Son fils, Jacques PAUL, ingénieur centralien, Président de l’Académie des Arts et Lettres de Bordeaux, géra avec amour la propriété de Bel-Air pendant toute sa vie. Sa femme, Marguerite EIFFEL avait pour grand-père l’ingénieur Gustave EIFFEL.

En effet, à quelques kilomètres de Vayres, sur la commune de Salleboeuf, Gustave EIFFEL avait acquis le Château Vacquey quelques années après la construction des ponts métalliques de Bordeaux et de Saint-André-de-Cubzac.

                                                                

Le pont de Bordeaux était destiné au franchissement de la Garonne par le chemin de fer et ainsi au raccordement des voies utilisées par la Compagnie d’Orléans et des Chemins de Fer du Midi (que dirigea Jean-Raoul PAUL), celui de Saint-André-de-Cubzac étant destiné quant à lui au franchissement de la Dordogne par la route nationale Paris – Bordeaux.

Le “Magicien du Fer” fit modifier le Château Vacquey pour y ajouter un étage supplémentaire sur la partie centrale du logis, surélevé d’un belvédère où il installa son bureau et la table à dessin sur laquelle les premières esquisses du viaduc de Garabit et de la tour de 300 mètres furent conçues. Gustave EIFFEL séjourna régulièrement au Château Vacquey avec sa famille.

Par la suite, il confia la gestion de la propriété de 200 hectares (composée de prairies, de champs et de vignes) à son fils Edouard. Les enfants de ce dernier y nacquirent, dont sa fille Marguerite EIFFEL.

La proximité du Château Vacquey et du Château Bel-Air, distants d’à peine 8 km, rapprocha les familles PAUL et EIFFEL.

Marguerite EIFFEL et Jacques PAUL firent connaissance à Vacquey en septembre 1924. Les deux familles se rencontrèrent chez des amis communs et se retrouvèrent aux sports d’hiver, à Superbagnères dans les Pyrénées. Fiancés en juin, Marguerite et Jacques se marièrent le mercredi 14 Octobre 1925, à Salleboeuf. A l’occasion, on fît planter une allée de pins parasols dans Bel-Air, dont on aperçoit toujours les cimes aux airs toscans bien avant l’entrée dans le vignoble.

Malheureusement, décédé 2 ans plus tôt, Gustave EIFFEL n’assista pas au mariage de sa petite-fille. La rencontre entre Gustave EIFFEL et Jean-Raoul PAUL, tous deux ingénieurs et amoureux de belles demeures, aurait sûrement donné lieu à de belles conversations sous le porche de Bel-Air..

Le propriétaire actuel, Philippe SEREY-EIFFEL, ingénieur des Ponts et Chaussées, longtemps constructeur de ponts en Afrique et en France, est leur petit-fils. Il assure avec ses deux filles Aurélia et Sophie, et leurs conjoints, la gestion du domaine.